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Valcanville - la ville

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Valcanville, du scandinave : Valcan, est d'origine ancienne, comme en témoigne le passage sur son territoire de la voie romaine qui allait d'Alauna à Barfleur. Près du moulin du Houx, on a découvert des traces d'habitations et des monnaies romaines.
Commune rurale située dans la Vallée de la Saire, Valcanville, qu'agrémente une partie du pittoresque bois de Pépinvast et que traverse la Saire, offre deux aspects, dus à une différence de relief : la plaine marque l'extrême limite de la culture maraîchère pratiquée dans le Val de Saire, alors que la hauteur, avec le village de Tronville, se consacre à l'élevage.
De nombreux moulins tournaient jadis sur les bords de la Saire, dont il ne reste que des ruines : au Houx, la Haulle, à l'Hôpital, Le Marais, la Planque et Foulon.
Avant la dernière guerre, la Laiterie Bretel de Valognes, possédait au hameau La Planque une usine, ruinée par les difficultés de transport résultant des hostilités.
Il existait aussi vers 1820, au Houx, une usine à laminer le zinc, installée par un riche industriel belge, M. Mosselman, mais qui ne dura pas longtemps. Les produits de cette usine étaient employés dans le pays ou exportés en Belgique, en Hollande, en Angleterre. Le zinc brut provenait de la région de Liège.,Une fille de M. Mosselman se maria à Henri Fontenilliat, fils du créateur de la filature du Vast. Ils eurent deux filles : l'aînée épousa Auguste Casimir-Périer, et fut la mère du président de la République ; la seconde, le duc d'Audiffret-Pasquier, président de l'Assemblée Nationale et membre de l'Académie Française.
Face à l'antique abbaye du Licornet, qui s'élevait sur le Vicel, de l'autre côté de la Saire, Henri 1er de Beauclaire, Duc de Normandie, et Roi d'Angleterre, fils de Guillaume Le Conquérant, fonda à Valcanville une Commanderie de Templiers en 1125, sept ans seulement après la constitution de l'Ordre. Il donna aux Templiers le fief de Valcanville, avec son extension dans la paroisse de Canteloup et le village de Saussetour-en-Théville. Lors de la suppression de leur ordre par Philippe le Bel, désireux de s'emparer de leurs richesses, les biens des Templiers de Valcanville passèrent aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, connus alors sous le nom de Chevaliers de Rhodes et qui devinrent les Chevaliers de Malte en 1530, quand ils eurent reçu l'île de Malte de Charles-Quint. Une nouvelle commanderie fut établie par les Hospitaliers de Villedieu-de-Saultchevreuil, dans le domaine laissé vacant et qu'ils occupèrent de 1312 à 1789. Le commandeur était à la fois le seigneur spirituel et temporel de la paroisse. Il avait, dans toute l'étendue de sa commanderie, droit de moyenne et de basse justice, qu'il faisait exercer par un sénéchal, un greffier et un prévôt, lesquels tenaient les plaids de sa juridiction sous la grande porte d'entrée de la Commanderie. Le Commandeur avait un manoir seigneurial et, sur la Saire, deux moulins. Dans la cour de la Commanderie se trouvait un vaste bâtiment servant d'hôpital. Au siècle dernier, en démolissant un vieux bâtiment pour construire le presbytère, un jeune ouvrier de dix-huit ans découvrit un trésor : 366 pièces d'or du XVème siècle, dont il lui fut attribué la moitié selon la loi, l'autre moitié revenant à l'Etat. Ce vieux bâtiment était le logement du Commandeur, lequel avait voulu probablement soustraire aux Anglais cette fortune, car Valcanville avait déjà été pillée en 1346 et les Anglais réoccupèrent le Cotentin de 1418 à 1450. La Révolution abolit la Commanderie de Valcanville, mais le moulin et le village de l'Hôpital conservent le souvenir des Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Les peintures du dernier Commandeur Antoine de Favray ornent les cimaises du musée du Louvre à Paris et du musée de l'île de Malte. Les archives locales ont été entièrement détruites, les documents historiques touchant les Templiers et les Hospitaliers de Normandie sont aux Archives Nationales et il y a, en particulier, pour les XIVème et XVème siècles, d'intéressants procès-verbaux qui méritent notre attention.
Aujourd'hui, Valcanville reste vivante par son agriculture et son artisanat.

Renseignements utiles

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31 mai 2010

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