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Quettehou > Crasville
L'église Sainte-Colombe de Crasville XVIème, XVIIIème, XXème
Cette église est très ancienne. En 1154, Richard de Bohon, évêque de Coutances, en confirma le patronage à l'abbaye de Montebourg. Composée d'un choeur et d'une nef, sans transept, elle date dans sa forme actuelle du XVII ou XVIIIème siècle. Le seul élément médiéval est l'arc triomphal, entre choeur et nef. Le clocher, reconstruit en 1674, fut à nouveau rebâti en 1920. La sacristie date de 1722.
La valeur de cette église ne vaut pas par son architecture, mais par son riche mobilier, d'une homogénéité parfaite : retables et portes de la sacristie, perque et crucifix, chaire, lutrin, tabourets, bancs, chasublier, confessionnaux. Certaines pièces sont datées avec précision : les stalles, la banquette du célébrant de 1766, le crucifix de 1767, les confessionnaux de 1769. Et il n'est pas moins émouvant de penser que nous devons cette œuvre cohérente et harmonieuse aux économies d'un modeste curé de campagne et au désintéressement d'un menuisier sculpteur qui travailla pendant des années à des prix très au-dessous de la normale, comme le révèlent les devis retrouvés. Les deux confessionnaux sont très élégants et la chaire une pièce particulièrement raffinée. Le tableau central du retable représente l'Adoration des Mages. La saveur locale est accusée par les statues en terre cuite de Sauxemesnil de sainte Colombe et de saint Grégoire placées dans des niches de part et d'autre de l'autel. Une autre statue de terre cuite, celle de sainte Catherine, orne le retable du petit autel de gauche. La seule statue médiévale de l'église est une Vierge à l'Enfant en pierre calcaire du XIVème.
On raconte que pendant la Révolution, l'agent public commanda des hommes pour enlever le mobilier. Ils voulurent ôter le Christ de la grande perque de la nef, mais éprouvèrent des difficultés. Un Robert Pilet, homme sans foi, leur dit : " Attendez, je vais bien en jouir, moi ! ". Sur quoi il lança une corde en dessus de la tête du Christ et tira de toutes ses forces, lorsque Nicolas Lequertier, venant à lui, s'interposa : " Ote-toi de là, car si tu continues, je te coupe le cou avec ma hache ! ". Le Christ resta.
Manoir de Tilly - Domaine privé
Près de l'église, drapé de vigne-vierge, agrémenté d'un étang et de beaux arbres, le manoir appartint à la famille Lenfant, puis jusqu'en 1768 aux de Tilly, originaires de La Pernelle, enfin aux Dursus de Carnanville et aux Rochettes de Lempdes. La légende veut qu'un hôte invisible, une sorte de fantôme, le " bonhomme Tapotin ", ainsi nommé en raison des coups qu'il frappait sur les planchers, l'ait également habité.
Manoir de Carnanville (XVIIème siècle) - accueil en chambres d'hôtes
Précédé d'un joli porche, le manoir comporte de beaux bâtiments avec cour d'honneur et rappelle l'existence d'un très ancien fief. En 1221, Onfroi de Brilleferre fit à l'abbaye de Montebourg une donation à Carnanville.
Au XVIIème et XVIIIème siècles, ce fief appartenait à la famille Dursus. A la Révolution, Thomas Dursus, époux de Pétronille de Tilly, se retira à Valognes chez M. de Clamorgan. Arrêté comme suspect et emprisonné à Valognes, il fut relâché après avoir déposé à la mairie ses titres de noblesse et versé 1.362 livres pour venir en aide aux défenseurs de la patrie. En 1807, il fut élu maire de Crasville, y resta jusqu'à sa mort et eut pour successeur son fils jusqu'en 1830.
D'autres familles nobles résidèrent à Crasville : les Le Clerc, les Chalon et les de Pierrepont, sieurs du Perron. Ces derniers étaient de très ancienne noblesse normande. Geoffroi, Renaud et Robert de Pierrepont accompagnèrent Guillaume le Conquérant en Angleterre et obtinrent des concessions dans le Suffolk et le Sussex ; une paroisse de ce dernier comté se nomme encore : " Hurst-Pierrepont ".
A l'époque de la Révolution on comptait six prêtres à Crasville et, pendant la Terreur, un prêtre vécut caché à la Chalonnerie. De 1795 à 1804, l'église de Crasville fut seule ouverte pour les trois paroisses de Videcosville, Crasville et Grenneville.
L'église de Grenneville XIIIème, XVIIIème
Située sur une hauteur, d'où l'on domine le rivage jusqu'à Saint-Vaast, l'Eglise de Grenneville est aussi très ancienne. Son cimetière abrite des sépultures mérovingiennes.
Placée sous le vocable de Notre-Dame, elle avait pour patron en 1278 Adam de Port. Reconstruite au XVème ou XVIème siècle, elle possède des fonts baptismaux qui remontent à cette époque et un beau Christ en bois du XVIIème. A l'extérieur, une statue en pierre de saint Antoine est enclavée dans le mur du sanctuaire.
Motte féodale
L'ancienne forteresse de Grenneville se dressait sur une hauteur dominant la baie de Morsalines, là où l'on a depuis établi un Fort. Ses traces consistent dans une motte considérable avec enceinte. Le puits est comblé sou le nom de " Puits aux Fées ".
Le Pavillon de Grenneville XVIème et XVIIIème - accueil en chambres d'hôtes
Ce manoir appartint successivement aux familles Murdrac, de Pierrepont, David du Mutel, Houssin-Dumanoir, Thomas et Frestel. Il possède une porte double. Une seconde porte double donne accès à un petit chemin qui conduit jusqu'à la Motte féodale englobée dans l'ancien fort.